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L'Ombre Jaune


Monsieur Ming, alias L'ombre Jaune, est l'éternel ennemi de Bob Morane, son adversaire le plus coriace. À la tête d'une puissante organisation, le Shin-Tan, il a décidé de faire le bonheur de l'humanité malgré elle.
D'une intelligence prodigieuse, il se joue du temps et de l'espace. Il se dit immortel, vieux de plusieurs milliers d'années.
La première impression étant toujours la meilleure, le passage ci-dessous relate la première rencontre de Bob Morane avec Monsieur Ming, dans « La couronne de Golconde ».
«C'était un Asiatique (un Chinois ou plus probablement un Mongol) de haute taille, vêtu d'un costume noir au col fermé de clergyman. Des bras anormalement musclés, s'il fallait en juger par la façon dont il remplissait les manches du vêtement, et aussi les mains énormes, osseuses, avec des doigts pareils à des dents de fourche. Mais le visage plus encore retenait l'attention. Un visage d'un jaune un peu verdâtre, faisait songer à un citron pas tout-à-fait mûri. Le crâne était rasé et l'ensemble rappelait une lune. Entre les pommettes saillantes, le nez se révélait large, épaté. Quant à la bouche, fine mais aux lèvres parfaitement dessinées, elles s'ouvraient, quand l'homme parlait, sur des dents pointues, qui ne semblaient pas appartenir à un être humain, mais à une bête carnivore. Les yeux non plus n'étaient pas humains. Sous les paupières fendues obliquement, ils faisaient songer à deux pièces d'or ou, mieux encore, à deux morceaux d'ambre. Des yeux minéraux, sertis dans un visage de chair. Des yeux qui semblaient morts, sans regards mais d'où cependant émanait une extraordinaire puissance hypnotique».

Bob lui donne une cinquantaine d'années
(« La couronne de Golconde », chap.IX)

La main droite de Monsieur Ming est un postiche, prodige de micro-mécanique.
Voir l'article sur «Henri Vernes et la machine humaine»
Monsieur Ming représente la face obscure de l'humanité, usant de ses talents à mauvais escient.

"Un de mes péchés mignons est de jouer les démiurges "('Les papillons de l'Ombre Jaune' chap.IX). Prophétique, à l'heure des polémiques sur les manipulations génétiques...



Les dieux n'existant que s'il y a quelqu'un pour y croire, l'Ombre Jaune a besoin de Bob Morane pour exister...

"Il est probable que, sans lui, la lutte que j'ai engagée contre la civilisation moderne serait privée de tout piment." ('Les papillonsde l'Ombre Jaune')
Ming et le Diable
Voir l'article sur « Les jeux de l'Ombre Jaune »





En préface de la magnifique BD «Le châtiment de l'Ombre Jaune» parue aux éditions Loup, Henri Vernes nous confie quelques souvenirs à propos de la naissance de l'Ombre Jaune :

De cette époque, je gardais le souvenir d'une «Masque» intitulé le Magicien Noir, n°145 de la collection et qui avait pour auteur R.T.M.Scott. Le «méchant» y était la réincarnation -ou supposée être- d'un savant italien de la Renaissance, Jérôme Cardan, l'inventeur notamment de la suspension qui porte son nom. Je ne sais pourquoi R.T.M. Scott avait fait de ce pauvre Jérôme Cardan un être démoniaque, mais allez chercher ce qui se passe dans la tête d'un auteur. Surtout d'un auteur de romans policiers.

Bref, mon Magicien Noir avait, dans le roman de R.T.M. Scott, le crêne chauve, le teint jaune et les yeux dotés de pouvoirs hypnotiques. Je tenais donc une partie de mon personnage de «mauvais». L'autre partie ?... Pourquoi pas un Chinois, ou quelqu'un d'approchant. À cette époque régnait encore l'appréhension de ce qu'on appelait «le péril jaune».Et il y avait également cette légende raciste du Chinois «fourbe et cruel». Non...non...rassurez-vous, moi je n'y pensais pas vraiment, mais j'étais certain que mes lecteurs, eux, y penseraient. Peut-être inconsciemment, mais ils y penseraient quand même.
Peu de temps auparavant, dans une aventure de Bob morane intitulée «La couronne de Golconde», j'avais mis en scène un individu du nom de Monsieur Ming. personnage épisodique, mais qui cessa de le rester. Ce Monsieur ming avait lui aussi le crâne chauve, comme Cardan, et il était Chinois, ou Mongol.Bref, un double asiatique du personnage de R.T.M. Scott.

Donc, je tenais mon «méchant». Restait à lui trouver un nom. Je décidai de garder Monieur ming. Rien ne pouvait faire plus chinois. Ensuite, un surnom. J'optai pour l'Ombre Jaune. L'Ombre Jaune, puisqu'il s'agissait de quelqu'un se mouvant, justement, dans l'ombre. Jaune, parce qu'il s'agissait d'un Asiatique.

C'est ainsi que j'écrivis le premier roman de la saga, qui enchaînait sur La couronne de Golconde. par la suite, le personnage de Ming prit corps. Il dirigeait une société secrète, à laquelle je donnai le nom de Shin Tan. Un nom que je pêchai dans le Larousse du XIXe siècle, volume 4, page 128. L'un des anciens noms de la Chine qui, en réalité, signifiait «Aurore Orientale», mais que je traduisis, moi, par «Vieille Chine».

Monsieur ming, alias l'ombre Jaune, était né, et il devait avoir une longue vie. Surtout qu'en cours de route, je n'arrêtais pas de le perfectionner. Il était plusieurs fois centenaire, pouvait même avoir connu l'époque des Pharaons et, grâce au «duplicateur», il devenait immortel.

Par la suite, on m'accusa de m'être inspiré de Fu Manchu pour créer mon personnage. On sait maintenant, par ce qui précède, qu'il n'en est rien. Si Monsieur ming avait été un Européen, on aurait dit que je m'étais inspiré de Fantômas.

Dans la collection Masque, «Le Magicien Noir», de Reginald T.M.Scott, porte le n°145, et est paru en 1933. Il est à noter que dans la même collection, les ouvrages de la série Fu-manchu, par Sax Rohmer, à savoir Le Docteur Fu-Manchu, Le diabolique Fu-Manchu, et Le masque de Fu-Manchu, portent respectivement les numéros 94, 107 et 139.

Les nombreuses aventures de Fu-Manchu écrites par Sax Rohmer ont été à plusieurs reprises portées à l'écran.

Boris Karloff



Myrna Loy dans le rôle de Fah Lo Suee
la fille de Fu-Mancu, dans «Le masque de Fu-Manchu», porté à l'écran en 1932.





Ses fidèles créatures
Whamp Les whamps
«Leurs corps avaient bien forme humaine sous ces sortes d'armures, paraissant taillées dans du cuir bouilli, qui les revêtaient. Mais les visages, informes, exangues, possédaient quelque chose de monstrueux, tout comme les yeux ronds et rouges, la bouche sans lèvres, comme taillée d'un coup de rasoir. Quant à la chair de ces visages, elle faisait penser davantage à du caoutchouc qu'à de la vraie chair» ( "Une rose pour l'Ombre Jaune", Chap.III)
«Des visages à donner froid dans le dos, aux traits inconsistants, comme taillés dans la craie, dont ils avaient la couleur blafarde. Sous des arcades sourcilières proéminentes, en visière de casquette, brillaient des yeux sanglants, luminescents, empreints d'une férocité, d'une cruauté inouïes. La bouche paraissait avoir été taillée d'un seul coup de rasoir, et, quand elle s'ouvrait, c'était pour découvrir une denture acérée, pareille à un piège à loups.» ( "Une rose pour l'Ombre Jaune", Chap.VII)

Comme si cela ne suffisait pas, les whamps se nourrissent de sang...

Notre magazine
Reflets


Où la coquetterie va-t-elle se nicher !
Monsieur Ming a de multiples et terrifiants talents, dont il n'hésite pas à abuser :
«Car peut-être l'ignorez-vous il n'y a au monde que peu de cuisiniers de ma valeur...»

('Les papillons de l'Ombre Jaune',chap.IX)

Gniark, Gniark !!!

Une culture impressionnante...
«Cette bibliothèque doit lui avoir appartenu.Les ouvrages latins sont annotés en latin, les hébreux en hébreu, les hindous en sanscrit, les chinois en chinois, les français en français, les anglais en anglais...et tous de la même main. Qui donc, à part Ming, aurait été capable d'un tel tour de force ? » ('Le Retour de l'Ombre Jaune' Chap.IV)

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